Article très gentiment rédigé
par une dermatologue
suivant une patiente
régulièrement
depuis + de 26 ans
Quel traitement ?
Le traitement possible aujourd'hui n' est pas un traitement qui guérit la maladie, mais seulement un traitement du symptôme. Il est purement suspensif.
Il nécessite une bonne harmonie entre le patient, son médecin et les différents membres paramédicaux : pédicure, infirmier(es), laboratoires....
Le but est d' agir sur : l' hyperkératose, la
fragilité cutanée qui engendre les cloques,
l' hyperhidrose, les surinfections et ..... la douleur.
L' acitrétine (SORIATANE) par voie orale est
souvent efficace.
Débutée à 25 ou 30 mg/jour, les doses
peuvent être augmentées par palier tous les 15
jours.
Quand le résultat est satisfaisant, une dose d' entretien
est nécessaire, la plus faible possible pour maintenir le
résultat, de préférence à
20 mg/jour ou moins.
Le SORIATANE est formellement contrindiqué pendant la grossesse, car il peut provoquer de graves malformations chez le foetus. Donc il est obligatoire, pour les femmes en période d' activité génitale, d' avoir une contraception efficace, jusqu' à 2 ans après l' arrêt du traitement, et de faire pratiquer régulièrement des tests de grossesse. De plus, pendant ce traitement, elles ne doivent pas consommer d'alcool car cela provoque la libération d'étrétinate, autre dérivé médicamenteux tératogène qui, lui, ne s' élimine du corps qu' à beaucoup plus long terme.
Chez tous les patients, une surveillance de la fonction hépatique (transaminases SGOT, SGPT) et des lipides (triglycérides, cholestérol) est pratiquée.
Les effets secondaires sont fréquents : sécheresse des lèvres, des muqueuses, de la peau, sécheresse oculaire, chute des cheveux. D' autres effets secondaires plus préoccupants pourront faire interrompre le traitement.
Mais surtout le SORIATANE augmente la fragilité cutanée. Ainsi, autant certains patients voient leur état cutané considérablement amélioré, autant d' autres voient s' aggraver leurs bulles cutanées, leurs plaies, leurs infections, leurs douleurs, et donc ce traitement ne leur convient pas.
Le
traitement local des hyperkératoses est essentiel : décapage manuel
régulier, ce dernier peut être rendu plus facile
en utilisant de la vaseline salicylée par exemple ou une
pommade urée.
- port de chaussures aérées,
- utilisation de produits locaux à base de sels d' aluminium peuvent être tentés (Etiaxil, Driclor, PM3 Promédica, etc...),
- la IONOPHERESE (traitement électrique) : elle
définit la migration d' ions dans un champ
électrique entre 2 électrodes placées
dans une solution saline.
Les pieds sont placés dans des bacs remplis d' eau. L'
intensité du courant est augmentée
progressivement. Les séances durent 20 minutes et sont
réalisées 3 fois/semaine, ce qui permet d'
obtenir en 3 ou 4 semaines une diminution satisfaisante de la sudation.
Ensuite, une séance hebdomadaire d' entretien suffit. Les
patients apprennent à manipuler l'appareil sur un site
médical, ensuite ils peuvent acquérir ce dernier
et se traiter à domicile.
Les surinfections
itératives doivent être à chaque fois
traitées.
L' idéal est de faire faire un
prélèvement bactériologique et
mycologique, avec cultures et antibiogramme, dont le
résultat va guider le traitement :
- antibiotiques généraux (pénicilline,
Pyostacine, Fucidine, Quinolones...),
- antiseptiques locaux (Chlorhexidine, Hexomédine...),
- antibiotiques locaux parfois (Fucidine, Mupiderm, Gentalline,
Primyxine...),
- S' il y a une mycose par voie générale :
Nizoral, Lamisil, Trifucan... et/ou localement
dérivés imidazolés :
Mycoster, Fungizone.
Les antalgiques sont
souvent nécessaires et parfois, l'intensité de la douleur est telle qu'il faut avoir recours
à des opioïdes (Topalgic), voire des morphiniques.
En fonction de l'importance de son atteinte, de l'
évolution de sa maladie et de son expérience,
chaque patient va pouvoir bénéficier du
traitement optimal pour lui, qui souvent ne va le soulager que
très partiellement. C'est un traitement qui demande une
infinie patience et persévérance, dans l'attente
d' un traitement qui pourra, un jour, guérir cette maladie.